Ton visage pour l’éternité

Plus de cinquante ans passés depuis les toutes premières photos.

Combats entre instants fixés et le temps qui fuit. Combat de Jacob avec l’ange.

En photographie la fraction de temps arrêtée puis fixée inaugure un voyage sans fin. De ton visage, l’intensité d’un regard re-présenté vivra éternellement en deux dimensions sur une feuille tandis que, modèle, tu portes en ton corps la blessure d’une condition mortelle.

« ... Cette route ne finit pas... » écrit Georges Séféris dans son poème Épiphanie.

Jamais, photographier ne m’est apparu geste ordinaire. La photographie est une parabole de la vie éternelle. Le procédé photographique est sublime en son sens premier, il dialogue avec l’éternité. Ainsi sa force se dévoile quand il conte les merveilles cachées dans les replis des vies les plus ordinaires.  Photographie dite humaniste, photographie de la vie des gens simples, de leur quotidien. Il faut délicatement pousser le rideau, demander si on peut entrer, se laisser inviter, se sentir redevable, porter un regard d’enfant, émerveillé, sans jugement, puis accepter de refermer le livre d’images, quitter cette vie pour une infiniment plus belle.

« Au réveil, je me rassasierai de Ton Visage. » écrit le psalmiste espérant la rencontre avec son Sauveur.

Voici quelques visages d’éternité en noir et blanc, en couleurs.

PIerre Parcé

Louise dans la forêt de Pouade vers 2010 - Leica III b et objectif Summitar de 50 mn