2018 à la Photo-galerie de La Rectorie


Inédits photographiques digitaux 

Inédits photographiques réalisés au cours de la dernière décennie avec l’outil numérique. 

À l’origine de cette exposition, l’impression à des seules fins de sauvegarde (d’où leur format modeste) de photographies sélectionnées dans mes archives, stockées nécessairement sur des supports numériques, suscitant des interrogations quant à leur pérennité. Les impressions achevées, il m’a semblé intéressant de les proposer à un regard extérieur afin d’en recueillir les premières « impressions ». Ces photographies ont été réalisées avec des outils de niveaux qualitatifs très différents non par intention mais simplement fonction des circonstances. 

À l’heure où l’on découvre une « séduction » au procédé argentique par son grain, ses « défauts spécifiques », ne peut-on se projeter dans le temps et imaginer dans une vingtaine d’années s’émouvoir devant le charme des images « début XXI » se caractérisant par leur « bruit » caractéristique, autrement dit leur défaut propre aux petits capteurs des machines de poche dites compactes ?

Les craquelures d’une huile sont les rides d’un visage. Signifiantes de son histoire, son vécu, elles inclinent vers lui notre tendresse. Les photographies ici présentées abordant des registres différents ne pourraient-elles nous instruire que la grammaire photographique se situe au-delà des débats portant sur les supports mais bien plutôt dans l’intention de l’auteur ? Toutefois il faudra à ce dernier accepter « l’usure » du temps qui lui échappe et enrichit l’œuvre en devenir par le travail d’une artisan aux mains invisibles, œuvre portée au regard bienveillant des visiteurs, votre regard.

Pierre Parcé

Banyuls, janvier 2018. Les adieux de la lune